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mardi 10 janvier 2012

Voitures : ça bouge!

Au cours de l'année 2011, les premières voitures électriques grandes séries ont été mises sur le marché :

Les cadences de production des Nissan Leaf et Chevrolet Volt devraient augmenter significativement en 2012.

Pleins de nouveautés électriques sont à venir. Les annonces sont presque quotidiennes dans le domaine. :

En gros, la plupart des constructeurs seront présents sur le marché des voitures électriques d'ici 2 à 3 ans. Le prix des batteries reste un obstacle majeur. Le jour où une voiture électrique qui n'est pas hors de prix pourra faire plus de 600 km est encore très loin, mais les choses évoluent dans le bon sens!

Toyota continue son développement massif des voitures hybrides :

  • Prius Plug-in hybrid : Nouvelle version de la prius qui peut être branchée sur secteur et peut parcourir autour de 20 km 100% sur le mode électrique. Commercialisation à partir de janvier 2012.
  • Prius C : petite prius pour le marché américain et japonais (sous le nom aqua)
  • Prius V : grande prius jusqu'à 7 places
  • Yaris hybrid: pour le marché européen (fabriquée en France!)

En parallèle, les voitures thermiques font des progrès conséquents. Elles représentent toujours la très grande majorité des voitures vendues, et cela pour encore longtemps...:

A suivre!

mardi 29 novembre 2011

La mobilisation anti-nucléaire, ou le syndrôme "Not In My Back Yard" à l'échelle nationale?

Une application est actuellement fournie par Greenpeace pour montrer à un maximum de français qu'ils habitent dans une zone concernée par une éventuelle catastrophe nucléaire . http://www.greenpeace.fr/nucleaire/ppi/

"Not In My Back Yard" signifie « pas dans mon arrière-cour » et est un phénomène couramment constaté dès qu'on essaie de construire des infrastructures dérangeantes près de populations (éolienne, ligne hautes tensions, aéroport, centrale électrique, antenne, ...) Greenpeace essaie de faire en sorte que le syndrôme "Not In My Back Yard" s'applique à la France entière, puisque tous les français peuvent être dans une zone concernée par l'explosion d'une centrale nucléaire. C'est un moyen très simple et efficace pour mobiliser la foule.

C'est d'autant plus facile de le mettre en place dans le cas du nucléaire que les centrales sont dans des lieux connus et on sait que les radiations détectables après une catastrophe s'étendraient dans un périmètre très important. De plus, l'invisibilité des radiations et l'impossibilité de savoir si on est exposé de façon dangereuse est très effrayant pour la population. Ces raisons expliquent en partie le haut niveau d'opinions anti-nucléaire dans la population. Ajouter à cela un peu de théorie du complot à l'encontre des lobbys nucléaires, le sentiment désinformation (on nous cache des choses...) et cette opinion est encore amplifiée.

Le nucléaire a la particularité de concentrer la majorité de ses effets négatifs sur le territoire où l'énergie est produite. (dans les centrales à proprement parler, et dans le lieu de stockage des combustibles usagés). L'obtention du combustible peut dégrader l'environnement ou nécessiter une politique interventionniste dans d'autres pays, mais cela ne concerne qu'une petite partie des enjeux liés à cette énergie. En effet, il faut relativement peu de combustible pour produire de l'électricité nucléaire. Et le combustible ne représente que 5% du prix de l'électricité nucléaire.

C'est le contraire des énergies alternatives qui elles génèrent des problèmes soit lointains, soit peu visibles (ou mélangés à d'autres phénomènes) : On pourrait citer de façon non exhaustive :

  • les particules émises qui provoquent cancers et maladies respiratoires mortelles (et bien sûr aussi dans nos pays développés),
  • le réchauffement climatique lié aux émissions de CO2,
  • les guerres pour l'approvisionnement en combustible fossile,
  • les accidents dans les mines,
  • les problèmes liés à l'exploitation du pétrole : marées noires, terres totalement inutilisables dans l'Alberta au Canada, gaz de schistes, …
  • les explosions liées au gaz
  • les intoxications au monoxyde de carbone
  • etc

Le syndrôme "Not In My Back Yard" s'applique donc beaucoup moins pour la production d'électricité à partir de gaz, charbon, pétrole. (à part dans un rayon très petit autour des centrales thermiques, et contre les lignes hautes tensions)

En bref : on ne voit pas ces problèmes, donc on s'en fiche. Pourtant ces problèmes en question sont sans commune mesure avec ceux du nucléaire ! Les conséquences de la production d'électricité à partir de combustibles fossiles correspondent au bas mot à des centaines de milliers de morts (directes ou prématurées à cause de maladies) dans le monde chaque année, soit bien plus que le nucléaire civile depuis son origine.

C'est être responsable que d'assumer soit même la production de son énergie et les risques induits (sécurité des centrales et stockage des déchets nucléaires). Externaliser les risques à l'étranger, ou rendre peu visible les conséquences de la production de son énergie est par contre irresponsable (guerres du pétrole, dérèglement climatique, maladies respiratoires, ...)

De plus, l'approvisionnement en énergies fossiles va devenir de plus en plus hasardeux.

Un parti écologiste responsable devrait d'abord s'attaquer à l'arrêt des centrales thermiques à base d'énergies fossiles PUIS ensuite s'attaquer à l'arrêt du nucléaire.

Ne pas profiter de l'énergie nucléaire dans le contexte actuel est une erreur assez évidente, provoquée par une opinion publique soumise à un syndrôme "Not In My Back Yard" d'ampleur nationale.

dimanche 9 octobre 2011

Pascal Bruckner : négationniste du réchauffement climatique

Pascal Bruckner, philosophe, était le 4 octobre 2011 sur le plateau de l'émission "Ce soir ou jamais", sur France 3. Il était présent pour défendre son dernier livre : Le Fanatisme de l'apocalypse (Grasset, 2011)

La vidéo de l'émission est ici : http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/?page=emission&id_rubrique=1481

Sa dernière intervention lors de l'émission fut la suivante (vers 1h27)

C'est pas en marchant à pieds, en ne prenant pas sa voiture et en réduisant ses emballages qu'on va changer le climat de la planète. Il faut quand même être raisonnable, c'était très sympathique de faire ce genre de petits gestes. ... Je pense que ça peut améliorer la vie en commun, la vie collective, mais nous n'avons aucun pouvoir sur la marche de la planète, il faut pas se prendre pour plus qu'on est. Et aussi dans le mouvement écologique, il y a une sorte de Prométhéisme de l'action, une surestimation des pouvoirs de l'homme, alors c'est très bien de couper l'électricité derrière soi, de fermer l'eau du robinet, m'enfin soyons sérieux, c'est quand même une vaste plaisanterie. C'est pas ça qui va inverser le cours du climat, et pourquoi pas inverser la rotation de la Terre pendant qu'on y est? L'homme n'est pas tout puissant.

Il explique dans cette citation qu'il faut être raisonnable. Je pense que Pascal Bruckner devrait lui-même être plus raisonnable et cesser de dire des telles énormes bêtises. Il dit : "nous n'avons aucun pouvoir sur la marche de la planète". Ce passage va à l'encontre de ce que dit l'ensemble de la communauté scientifique. Bruckner sous-entend ici que le réchauffement climatique n'est pas lié aux activités humaines. Il l'a déjà fait dans un article de Libération. Bruckner, tout comme Claude Allègre, n'est pas expert du climat, et il n'a donc aucune légitimité pour en parler. (il peut par contre citer les résultats des travaux des scientifiques du domaine...). J'avais déjà écrit un article pour expliquer pourquoi on n'a aucun droit de nier le réchauffement climatique ici.

Il est donc totalement inutile d'acheter ou lire son livre.

mercredi 31 août 2011

Comment lutter contre la crise : acheter local!

Il y a parfois des idées simple pour agir contre ce qui semble inévitable : la crise.

Le gouvernement a sa part à jouer pour lutter contre le chômage, la pauvreté, mais chacun d'entre nous peut également agir. Une des évidences pour améliorer nos conditions de vie est qu'il faut faire en sorte que l'argent que l'on dépense profite à notre pays. Il faut donc plutôt acheter local. Cela évite entre autre de consommer du pétrole pour déplacer nos produits depuis l'autre bout du monde. Ainsi on est moins obliger de supporter des dictatures à la Kadhafi pour être approvisionné en carburant.

De nombreux produits sont encore produits en France. Il faut faire attention aux étiquettes, mais voici quelques actions simples qui vont dans le bon sens:

  • Boire du jus de fruit made in France à partir de fruits français (jus de pomme, jus de raisin...) plutôt que du jus d'orange fabriqué à partir d'orange du Brésil ou encore de Floride...
  • Acheter uniquement des fruits et légumes cultivés en France
  • Acheter des chaussures de ville 100% cuir qui sont réparables chez le cordonnier du coin. A l'achat, les chaussures seront plus chères, mais elles peuvent durer plusieurs années et faire vivre les commerçants locaux. En plus, on peut trouver des chaussures conçues, voire même fabriquées en France... (loding, paraboot)
  • Acheter des chaussettes made in France. (ça se trouve même en grande surface)

Vous avez peut-être d'autres exemples!

dimanche 31 juillet 2011

Une interview de Jean-marc Jancovici

Voici une interview de Jean-Marc Jancovici, suite à la sortie de son livre "Changer le monde, tout un programme", dont j'ai déjà parlé. Mesdames Aubry, Royale, Joly, Messieurs Sarkozy, Bayrou, Borloo, Hollande,... feraient bien de la regarder pour enfin prendre conscience des vrais problèmes qui nous attendent si on ne fait rien.

mercredi 22 juin 2011

Lecture : Changer le monde, de Jean-Marc Jancovici

J'ai lu récemment le livre "Changer le monde, tout un programme!" de Jean-Marc Jancovici. Après avoir lu le livre, on ne peut que penser que la plupart des politiciens et journalistes ne comprennent pas où sont les grands enjeux de ce siècle. Les débats sur les questions d'énergie, de matières premières et d'émissions de CO2 sont rares alors que là est l'essentiel, car tous les emplois, notre niveau de vie, et tout simplement l'avenir de l'humanité en dépendent directement.

Toute notre société est entièrement basée sur l'énergie facilement accessible et en grosse quantité. Le pétrole, le gaz et le charbon nous ont permis de démultiplier notre capacité et notre efficacité pour produire de la nourriture et des produits. Cela nous a permis de créer de nouveaux métiers dans l'industrie, puis les services. A première vue, ces métiers de service n'ont pas besoin de beaucoup d'énergie. En réalité, ils sont également très énergivores.

Exemple au hasard: un informaticien doit travailler dans un bureau qui a été construit avec du ciment, ce qui a nécessité de l'énergie. Le local est chauffé et climatisé, ce qui nécessite encore de l'énergie. L'informaticien vient au travail en voiture, qui consomme du carburant et a nécessité de l'énergie pour être construite... Il utilise internet, qui dépend de milliers de serveurs et matériel réseau (routeurs, ...) qui consomment de l'énergie... (Les consommations électriques du secteur informatique génèrent 2% des émissions de gaz à effet de serre du monde)

L'exode rural et l'étalement urbain ont également été permis grâce à l'abondance de l'énergie qui a permis la démocratisation des transports motorisés.

Les crises énergétiques (prix élevé du pétrole) entraînent des crises économiques quelques temps après : 1973 (1er choc pétrolier), 1979 (2ème choc pétrolier), 2008 (3ème choc pétrolier)...

Le gaz et le pétrole vont être de moins en moins abondants. Le pic de production pour le pétrole conventionnel (le plus facile d'accès et donc le moins cher) aurait d'ailleurs déjà été dépassé. C'est à dire que le nombre de barils de pétrole conventionnel produit chaque jour n'augmentera jamais plus par rapport au plus haut niveau maximum déjà atteint. (d'où la "nécessité" d'exploiter les sables bitumineux au Canada par exemple).

Cela a été mis en évidence récemment : la guerre de Libye actuelle a conduit à l'arrêt de l'exportation de pétrole depuis ce pays. Cela provoque une augmentation du cours du baril, et les autres pays producteurs de pétrole ne parviennent pas à compenser, si bien que les pays occidentaux ont puisés dans leurs réserves 60 millions de barils...

La demande énergétique des pays en développement (Chine, Inde, Brésil, …) augmente significativement. On a donc une baisse des ressources, et une augmentation de la demande. Phénomène aggravant, les pays ayant des ressources vont de plus en plus les garder pour eux.

Parallèlement à cela, les émissions de gaz à effet de serre et la déforestation provoquent le dérèglement climatique, qui d'après les scientifiques est un risque majeur pour l'humanité.

La raréfaction des ressources aurait pu être une bonne nouvelle à ce sujet, mais il reste encore suffisamment de charbon pour totalement dérégler le climat.

Pour que le réchauffement climatique n'ait pas un impact trop lourd et incontrôlable, il faudrait ne pas augmenter la température de plus de 2° par rapport aux niveaux pré-industriels, ce qui revient à limiter nos émissions pour ne pas dépasser 400 ppm (parties par million) de CO2 dans l'atmosphère, alors qu'aujourd'hui nous en sommes à 390 ppm.

Si rien n'est fait, on doit donc s'attendre à une énorme double crise : Dérèglement climatique et crise énergétique. Pour faire face à cela, il faut revoir toutes nos priorités : la société doit consommer moins d'énergie fossile et émettre moins de CO2: c'est la contrainte énergie-climat.

Après ce constat, les pistes envisagées pour résoudre ces problèmes sont présentées par Jean-Marc Jancovici.

La plus importante, celle qui doit modifier en profondeur toute notre société, c'est la taxe carbone. Elle doit orienter toute l'économie vers des produits moins émetteurs en CO2. La taxe carbone est à impôt constant : la tonne de CO2 est taxée, mais en contrepartie, un crédit d'impôt est versé à chacun. Plus idéalement, une baisse des charges sociales est effectuée, ce qui revient à moins taxer le travail t donc créer de l'emploi. La taxe carbone atténue les effets rebonds qui limitent les gains apportés par une technologie moins émettrice en CO2 : Si la baisse de consommation d'une voiture va de paire avec une augmentation du nombre de km parcouru, le gain au niveau des émissions de CO2 est nul. Au contraire, si le prix du carburant augmente en parallèle de l'efficience des voitures, le nombre de km parcouru n'augmente pas, et l'argent est redistribué par exemple pour créer de l'emploi (via la baisse des charges patronales), ou pour acheter une voiture électrique encore moins émettrice.

Voir également le paradoxe de Jevons.

On devrait mesurer le gain en tonnes de CO2 non émis par rapport à l'argent investi dans ce but. Ainsi on pourrait se rendre compte que des panneaux photovoltaïque produits en Chine (à l'aide d'énergie produite avec du charbon) et installés en France ont un impact très limité (et même négatif) sur la baisse de nos émissions de CO2 s'ils viennent en remplacement d'énergie nucléaire, et cela pour un coût assez important.

On doit développer le stockage du CO2 en profondeur (pour les centrales au charbon / gaz / pétrole)

Le solaire thermodynamique doit être développé dans les zones adaptées (déserts...).

L'électricité nucléaire émet peu de CO2. Elle constitue donc une marge de manoeuvre qu'il est difficile de refuser dans le contexte de la contrainte énergie-climat. Le risque d'accident nucléaire doit être mis en balance avec les morts liés à l'exploitation du gaz/charbon/pétrole (guerres, pollution atmosphérique, explosions, …) et les risques de pénurie d'énergie, et de dérèglement climatique, qui provoqueront de très nombreux morts si rien n'est fait. La 4ème génération du nucléaire doit être développée dans les décennies à venir (cela garantirait qu'il n'y aura pas pénurie de combustibles nucléaires avant plusieurs centaines d'années).

Les énergies renouvelables comme l'éolien et le photovoltaïque ont un fort potentiel de croissance. Cependant, ces énergies sont intermittentes, elles ne peuvent donc pas être utilisées comme électricité de base sans être associées à un système de stockage d'énergie difficile à mettre en place à un coût acceptable.

Un vaste plan de rénovation des bâtiment doit être lancé (allant jusqu'à la destruction d'une partie non négligeables de constructions mal placées géographiquement, ou impossibles à rénover)

La forêt française doit être mieux exploitée, en particulier pour le chauffage. On devrait consommer moins de viande rouge (cela consomme beaucoup de terres, et provoque l'émission de beaucoup de gaz à effet de serre). On doit plus généralement éviter les transports émetteurs de CO2 inutiles : agriculture locale, villes compactes, transport ferroviaire, voitures très compactes,...

Comme le titre du livre le dit, il y a bien là tout un programme, qui pourrait créer de nombreux emplois, améliorer notre environnement, diminuer notre dépendance énergétique vis à vis des pays étrangers, limiter le dérèglement climatique, être un pays leader en technologies peu émettrices en CO2 (voitures électriques, nucléaire, trains électriques, isolation des bâtiments, ...)

lundi 30 mai 2011

L'Allemagne fait le mauvais choix d'une sortie précipitée du nucléaire

L'Allemagne a officialisé sa sortie du nucléaire en 2022. Les 8 réacteurs sur 22 actuellement à l'arrêt pour vérification (depuis Fukushima) ne seront jamais remis en route.

Voilà quelques éléments de réflexion :

Le risque de pénurie d'énergie (en hiver) est réel:

L'Allemagne risque de voir le prix de son électricité augmenter alors qu'il est déjà relativement élevé.

  • Le kWh facturé en Allemagne est aujourd’hui de 21,3 centimes d' euros, contre 16,7 centimes en moyenne en Europe et 10,5 centimes en France.
  • le coût de l'électricité renouvelable, bien qu'en baisse, reste élevé.
  • Le prix du gaz est en hausse sur le long terme.
  • Il va falloir assumer le coût du démantèlement de centrales nucléaires qui n'ont pas eu le temps d'être amorties.

L'objectif de diminuer de 40% ses émissions de CO2 d'ici à 2020 par rapport à 1990 sera difficile (impossible?) à atteindre :

vendredi 29 avril 2011

Fukushima n'a pas démontré que le nucléaire devait être banni.

Je reviens une nouvelle fois sur le nucléaire, qui est sous le feu de l'actualité en ce moment... Depuis l'accident de Fukushima, une partie des journalistes, certains politiques, certaines associations se sont empressées de dire qu'il fallait de toute évidence sortir du nucléaire en France...

Pour contredire cela, je vais partir d'un premier constat : notre société a absolument besoin d'énergie, et en particulier d'énergie électrique.

C'est un besoin vital.

Tout d'abord, l'électricité nous permet d'augmenter notre espérance de vie et elle sauve chaque jour de nombreuses vies... En outre, l'hygiène alimentaire s'est améliorée grâce aux réfrigérateurs, aux congélateurs,... Les équipements hospitaliers nécessitent de l'électricité pour fonctionner (respirateurs...).

Ensuite, l'électricité a joué un grand rôle dans le développement de notre société au 20ème siècle : sans éclairages électriques, sans ordinateurs, sans télévisions, sans laves-linge, etc, le monde serait très très différent de ce qu'il est. L'électricité a permis de créer de l'activité, de la croissance, des emplois, du confort, ... En clair, notre niveau de vie élevé est permis grâce à l'électricité...

Cependant, l'électricité a aussi ses côtés négatifs. Il faut la produire! Et malheureusement pour nous, aucun type de production d'électricité n'est idéal!

Jusqu'à aujourd'hui, le gros de la production électrique mondial est fait à partir d'énergies fossiles : gaz / pétrole / charbon, et de l'hydroélectricité. Les 3 premières sont à fuir comme la peste, puisqu'elle participent au réchauffement climatique, qui devrait être notre première préoccupation... De plus, gaz et pétrole vont bientôt manquer... L'hydroélectricité est déjà utilisée à peu près à son maximum en France, et son impact environnemental est loin d'être nul. Comme mauvais exemple dans le domaine, les chinois ont fait très fort au barrage des trois gorges... 436 km2 de terres englouties, 1,8 million de personnes ont été déplacées et une centaine de personnes seraient mortes lors de la construction... (Cela est sûrement un plus mauvais bilan que Fukushima...)

L'éolien peut produire d'assez grandes quantités d'électricité, mais il est intermittent... Idem pour le photovoltaïque... Les énergies marines (autres que celles du type du barrage de la Rance) n'en sont rendus qu'à l'étape de la recherche, ou bien de la production de petites quantités d'électricité... La géothermie pour produire de l'électricité ne peut pas être très développée en métropole.

A un coût acceptable, il n'est pas possible à courte échéance (même 30 ans) de produire toute notre électricité par le renouvelable, et techniquement, cela ne serait pas non plus possible à cause de l'intermittence du vent ou du soleil... Et ce même si on parvenait à diminuer nos consommations (ce qui coûte également horriblement cher).

En France le parc de centrales nucléaires est là. Ce parc est amorti en grande partie. Il peut encore durer un certain nombre d'années si des travaux de maintenance sont réalisés comme il se doit. On parle souvent des emplois créés par les énergies renouvelables. Le nucléaire a lui aussi créé beaucoup d'emplois non délocalisables depuis 30 ans. Il a évité des émissions de gaz à effet de serre. Il a amélioré notre balance commerciale. Il a diminué notre dépendance envers les pays producteurs de gaz / charbon / pétrole.

Bien sûr, le nucléaire est dangereux. Jusqu'à maintenant, il n'y a pas eu en France d'erreurs des exploitants provoquant une catastrophe. La sécurité doit être une préoccupation de tous les instants, et la catastrophe de Fukushima doit permettre d’accroître cette sécurité par le retour d'expérience... Dans beaucoup d'activités, on prend des risques mortels, et la société les assume. Jamais personne n'a émis l'idée d'arrêter ces activités comme c'est le cas pour le nucléaire, car on considère qu'elles sont indispensables : la chimie (AZF), l'extraction du pétrole (Deepwater Horizon), le transport (accidents d'avions, de voitures, de train...).

La société peut parfaitement assumer un risque d'accident nucléaire, comme elle assume un risque d'accident d'avion, un risque d'explosion de gaz, un risque d’intoxication au monoxyde de carbone,... Il me semble important de souligner que jusqu'à aujourd'hui, bien plus de français sont morts de ces différentes causes que d'incidents nucléaires... (Intoxication au monoxyde de carbone : 90 morts par an en France)

Dans les pires conditions qu'on puisse imaginer, c'est à dire un énorme tremblement de terre suivi d'un énorme tsunami, qui ont provoqué indirectement des fusions partielles de cœur sur 3 réacteurs nucléaires, pas un mort n'est à déplorer jusqu'à maintenant à Fukushima... Cela montre que l'énergie nucléaire est dangereuse, mais qu'on parvient tout de même à limiter le risque mortel.

Concernant la plus grande catastrophe nucléaire existante, Tchernobyl, le nombre de morts cité est parfois très exagéré. La plus fiable des sources d'information dans le domaine est celle du "Chernobyl Forum" qui fait état de 28 morts directes (liste précise ici) et potentiellement jusqu'à 4000 cancers mortels parmi les 600 000 liquidateurs sur des bases statistiques. Également d'après calcul statistique, il pourrait il y avoir jusqu'à 5000 morts par cancer dans les populations exposées (chiffre qui serait d'après l'étude elle-même largement surévalué). On pourra toujours discuter de la fiabilité de l'étude, réalisée par plus de 100 scientifiques internationaux qui font partis de nombreuses organisations : the IAEA (International Atomic Energy Agency), the FAO (Food and Agriculture Organization), the OCHA (United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs), the UNDP (United Nations Development Programme), the UNEP (United Nations Environment Programme), the UNSCEAR (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation), the WHO (World Health Organization), the World Bank.

Pour moi, contredire cette étude serait participer à la théorie du complot, auquel je n'adhère pas... On voit que le nucléaire a tué de nombreuses personnes, mais moins en moyenne que d'autres types de production d'électricité comparables: charbon/gaz/pétrole/hydroélectricité...

En prenant en compte tous ces éléments, je ne comprends pas comment rationnellement on peut être totalement opposé au nucléaire...

mercredi 16 mars 2011

Après Fukushima, le choix du nucléaire en question

La catastrophe nucléaire Japonaise nous fait débattre à nouveau de la politique énergétique française, qui est très favorable au nucléaire (75 à 80 % de l'électricité en France est nucléaire).

Il est évident que les centrales nucléaires sont dangereuses. Les catastrophes de Tchernobyl, 3 mile Island, et maintenant Fukushima / Dai-Ichi nous le montre clairement... Tous les cas possibles d'accidents ne pourront jamais être pris en compte lors de la conception des centrales. De plus, les déchets radioactifs sont là pour extrêmement longtemps... Et l'extraction de l'uranium est très polluante. Le risque de prolifération nucléaire à des fins non pacifistes pèse également sur nous.

Il est donc incompréhensible dans /index.php/2011/03/16/174-apres-fukushima-le-choix-du-nucleaire-en-questionces conditions que l'on continue dans la voie du nucléaire, et on devrait logiquement changer notre mode de production d'énergie électrique.

Mais, (car il y a un mais...) il s'agit là d'une opinion irréfléchie et irrationnelle. En effet, il est aisé de s'opposer au nucléaire, encore faut-il pouvoir proposer quelque-chose pour le remplacer! Et comment pourrait-on émettre un avis sur le nucléaire sans comparer ses avantages et ses inconvénients aux autres sources d'énergie électrique?

Quand on pose la question de la fin de l'énergie nucléaire en France, la première idée qui vient est, d'une part, de faire des économies d'énergies ( comme on dit, la meilleure énergie est celle qu'on ne consomme pas), et, d'autre part, de développer les énergies renouvelables pour compenser la fermeture des centrales nucléaires.

Beaucoup de gens pensent que l'on a perdu beaucoup de temps dans le développement des énergies renouvelables, puisque l'argent qui a été dépensé dans la recherche nucléaire aurait dû être dépensé dans la recherche sur les énergies renouvelables, et dans l'économie d'énergie (isolation, ...). Ce raisonnement est au moins en partie biaisé, puisque l'argent qui n'aurait pas été dépensé dans le nucléaire aurait dû être dépensé dans l'importation de gaz, charbon et pétrole...

Mettons en place un scenario économie d'énergie d'ici à 2030, complété d'un fort développement des énergies renouvelables. Il est clairement envisageable de diminuer significativement notre consommation électrique. En particulier, en faisant des efforts dans l'isolation et dans l'efficacité énergétique (ampoules à filament remplacé par leds, électroménager efficient, …), on pourrait sans doute diminuer de 20% notre consommation d'ici 2030... Cet objectif serait déjà ambitieux, car jusqu'à aujourd'hui, la tendance à toujours été à une forte augmentation de nos consommations (sauf en 2009 à cause de la crise), d'une part, à cause de la croissance démographique, et, d'autre part, à cause de l'augmentation de la consommation individuelle. Le fait d'avoir une électricité peu chère en France a aussi fait en sorte que notre consommation est plus importante que dans des pays comparables (développement du chauffage électrique...).

Etats-Unis : 13638 KWH/an et par habitant en 2007
France : 7772 KWH/an et par habitant en 2007.
Allemagne : 7184 KWH/an et par habitant en 2007.
Royaume-Uni : 6123 KWH/an et par habitant en 2007
Italie : 5713 KWH/an et par habitant en 2007.
Chine : 2332 KWH /an et par habitant en 2007

Si on parvenait à une diminution de notre consommation de 20%, on passerait alors de 519 TWh produits en 2009 à un besoin de 415 TWh en 2030. Ce chiffre ne prend pas en compte le probable nouveau domaine de consommation d'électricité : la voiture électrique qui va sans doute se démocratiser d'ici 2030...

Il est possible de développer les énergies renouvelables. L'énergie éolienne, l'énergie solaire photovoltaïque, la biomasse, l'hydroélectricité...

Concernant l'éolien, si on parvenait à 50 GW installé, cela serait déjà très ambitieux (et beaucoup de grincheux anti-éolien défileraient peut-être dans les rues). Le numéro 1 européen est l'Allemagne et avec 27 GW, 36TWh ont été produits en 2010. Avec 50 GW installé, on pourrait produire autour de 90 TWh si on améliore le rendement de l'éolien français par rapport à ce qui existe aujourd'hui en Allemagne (avec entre autre des éoliennes offshore)...

62 TWh d'hydroélectricité ont été produits en 2010 en France. Il est connu qu'on a presque atteint le maximum de nos capacités. On pourrait tout de même imaginer que l'on parvienne d'ici 2030 à augmenter notre production jusqu'à 80 TWh.

On peut également prendre en compte le solaire photovoltaïque. En 2009, l'Allemagne (n°1 mondial) a produit 6,2 TWh d'électricité photovoltaïque. On pourrait imaginer produire 40 TWh d'ici 2030 avec beaucoup de volonté (et surtout d'argent dépensé).

On peut aussi compter sur l'énergie électrique produite à partir de la biomasse : à la grosse louche, 30TWH en 2030 si là aussi on faisait de gros efforts. (dans ce document il est question de 20TWh en 2020)

Comme prévision grossière, en 2030, le total d'énergies renouvelables suivant est obtenu :

- Eolien : 90 TWh
- Hydro-électricité : 80 TWh
- Photovoltaïque : 40 TWh
- Biomasse : 30 TWh
- Total : 240 TWh

On constate que dans ce scenario optimiste concernant les économies d'énergies et les énergies renouvelables, il manque toujours autour de 175TWh. De plus, l'éolien et le photovoltaïque sont intermittents ce qui est très compliqué à gérer lorsqu'ils prennent une part aussi importante dans le mix énergétique.

Il faut donc faire appel à d'autres formes d'énergies, non renouvelables : les énergies fossiles. Mais la production d'électricité à partir de gaz/pétrole/charbon, est-ce vraiment moins dangereux que la production d'électricité nucléaire ? Je vais développer essentiellement ce critère puisque c'est logiquement celui-ci dont il est question en ce moment étant donné l'actualité. D'autres critères mériteraient également d'être développer sur le sujet (emplois, prix, indépendance énergétique, pénuries de matières premières...)

L'extraction du charbon est très très dangereuse, et chaque année, dans le monde, il y a des milliers de mort dans les mines. En 2009 : 2631 personnes sont mortes dans les mines de charbon!

L'extraction du gaz est également dangereuse! Une rapide recherche nous apprends que le 7 mars 2011, 11 personnes ont été blessées dans une explosion dans en Alberta dans un puits de gaz naturel. Le 23 juillet 2010, 2 personnes sont mortes à Pittsburgh dans une explosion d'un puits de gaz.

C'est le même constat pour le pétrole... Vous vous souvenez peut-être de Deepwater Horizon, ses 11 morts, et pire marée noire de tous les temps!

Il ne faut pas seulement extraire les énergies fossiles, il faut également les transformer en électricité. Et là encore, quelques petits accidents et quelques morts font partis du processus normal.

Petite recherche rapide concernant les centrales au charbon et au gaz:

- 3 avril 2010 : un mort en Italie dans une centrale au charbon 
- le 7 février 2010 : 5 morts et 20 blessés dans une explosion dans une centrale électrique au gaz à Middletown au Etats-Unis.  
- Le 24 janvier 2010 en Pologne : un mort et trois blessés dans la  centrale thermique Dolna Odra.
- 18 décembre 2009: un mort en France  lors d'une explosion dans une future centrale électrique au gaz à Blénod-lès-Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle)...
- ...

Pendant le processus de production de l'électricité à partir de combustibles fossiles, des particules sont envoyées dans l'atmosphère. Elles sont également responsables de "quelques" morts... En France, 30000 morts anticipées par an seraient dues à la pollution atmosphériques, auxquelles les centrales thermiques participent (ainsi que les voitures) ... Ce problème ne concerne pas le nucléaire. Dans le monde, ce serait 2 millions de décès prématurés à cause de la pollution de l'air en milieu urbain!

Pendant le processus de production de l'électricité à partir de combustibles fossiles, des gaz à effet de serre sont émis dans l'atmosphère (dont du CO2). Cela provoque déjà et provoquera dans le futur de nombreux morts : 300000 morts par an seraient d'ores et déjà imputables au réchauffement climatique (malnutrition, catastrophes naturelles, ...). C'est sans doute la pire de toutes les menaces contre l'humanité!

A noter : l'hydroélectricité est également plutôt dangereuse (En Europe seule, les accidents de barrages sont responsables de plus de 2.000 décès. 72 morts en Sibérie le 17 aout 2009.)

Une étude a calculé le nombre de morts par GW de puissance installée et par an, selon le type d'énergie primaire. Ces chiffres sont assez anciens (Source : Nuclear Power and Health, World Health Organization, 1994) :

- Charbon : 1,3 à 17
- Pétrole : 1,5 à 11,1
- Nucléaire : 0,3 à 3

Une autre étude donne les chiffres suivants (mort par TWh produit) :

- charbon – moyenne mondiale : 161 (26% de l'énergie mondiale 50% de l'électricité)
- charbon – Chine :278
- charbon – Etats-Unis : 15
- Pétrole : 36  (36% de l'énergie mondiale)
- Gaz naturel : 4  (21% de l'énergie mondiale)
- Agrocarburant/Biomasse : 12
- Tourbe : 12
- Solaire (panneaux sur les toits):  0.44 (moins de 0.1% de l'énergie mondiale)
- Eolien : 0.15 (moins de 1% de l'énergie mondiale)
- Hydro : 0.10 (moyenne européenne, 2.2% de l'énergie mondiale)
- Hydro : 1.4 (monde, incluant Banqiao. Environ 2500 TWh/an et 171,000 morts à Banqiao)
- Nucleaire : 0.04 (5.9% de l'énergie mondiale)

Le nucléaire serait donc moins dangereux que les énergies fossiles. Sur le critère de la dangerosité, qui est pour beaucoup de personnes le plus déterminant, on n'a donc pas le droit d'être opposé au nucléaire, sans être encore plus opposé aux énergies fossiles!!!

Conclusion

Réagir sous le coup de l'émotion à une catastrophe comme Fukushima / Dai-Ichi est une grave erreur. Est-ce qu'à chaque accident d'avion, on réfléchit à interdire tous les vols ? Non, car nous sommes conscients que l'avion est le moyen de transport le plus sûr.

En matière d'énergie, le nucléaire n'est pas l'énergie la plus sûre. Ce sont plutôt l'éolien, le photovoltaïque, la biomasse qu'il faut développer au maximum. Cependant, ces énergies propres ne suffiront pas à moyen terme à remplacer le nucléaire. Et les énergies fossiles sont surement pires que le nucléaire en matière de dangerosité pour la population. En France, on n'a heureusement pas de tremblements de terre ni de Tsunami de l'ampleur de ceux du Japon. Le risque 0 n'existe pas et n'existera jamais. Il faut tout faire pour qu'un accident du même type que celui du Japon ne puisse pas avoir lieu en France... cela passe par la pratique de l'amélioration continue, du retour d'expérience, et de la transparence...

Qu'est ce qui nous importe le plus ?

La faible dangerosité?
L'indépendance énergétique ?
Le prix bas?
Le long terme? (car pénuries des matières premières annoncées)
La création d'emplois ?

Chacune de ces questions est essentielle, et devrait faire l'objet d'études poussées aboutissant à des indicateurs pour chaque type d'énergie. Le choix énergétique français ne peut se faire que par un arbitrage entre différents choix qui sont tous insatisfaisants. C'est une décision politique qui doit se faire sur la base de critères objectifs.

J'ajouterais que pour être en accord avec ses convictions, toute personne qui est opposée au nucléaire civil se doit, d'une part, de diminuer au maximum ses consommations électriques, et, d'autre part, de se fournir en électricité chez Enercoop par exemple, qui garantit une électricité d'origine renouvelable (à un coût un peu plus élevé)... Si l'ensemble de la population agissait ainsi, une part du problème serait résolu.

jeudi 10 février 2011

Energie, de mauvaises nouvelles, et des raisons d'espérer!

Le record du pic de consommation électrique en France a de nouveau été battu plusieurs fois en décembre dernier : nouveau record à 96 350 MW le 15 décembre 2010.

Heureusement, le record de production d'énergie éolienne a lui aussi été battu en France le 11 Novembre 2010. Une énergie instantané de 3868 MW a été produite ce qui a permis de couvrir 5% de la consommation de la France avec une pointe à 7% vers 20h. (Via www.enr.fr)

De plus, c'est parti pour l'installation de 3GW éolien sur les côtes françaises, en offshore!

Et on peut aussi se réjouir du fait que depuis janvier 2011, les annonces immobilières doivent mentionner la consommation d'énergie des logements. A partir de maintenant, les prix des logements prendront sans doute plus en compte qu'auparavant ce paramètre. Les vieux logements pas isolés du tout devront sans doute être mis à niveau sous peine d'être bradés.

Aussi, l'étiquette énergie pour les réfrigérateurs, congélateurs, lave-linge, lave-vaisselle, télévisions, évolue pour prendre en compte clairement les classes A+, A+ + et A+ + +.

Ca sent la fin du pétrole qui se rapproche... Le prix du baril de pétrole est remonté au plus haut depuis plus de 2 ans ... autour des 90 euros le baril. Le prix du carburant est élevé, et va sûrement continuer d'augmenter. Wikileaks nous informe que les réserves de pétrole en Arabie Saoudite ne sont pas aussi importantes qu'on le pensait autrefois.

Heureusement, les voitures électriques débarquent vraiment! En France, en janvier, environ 100 voitures électriques ont été immatriculées! (c'est peu, mais ce n'est que le début!) : 54 Peugeot iOn, 30 Citroën C Zéro, 9 Mitsubishi iMiev.

De plus, les voitures hybrides se vendent très bien!

  • La Prius a été la voiture la plus vendue en un an au Japon en 2010 : 315 669 Prius! (89 grammes de CO2 par km seulement)
  • Trois nouvelles prius vont compléter la gamme en 2011 et 2012 : une familiale, une rechargeable sur secteur, et une plus petite, au look sportif qui consommera moins que l'actuelle! Ils vont en vendre des tas en 2012!!!
  • Par ailleurs, une Yaris hybride sera sans doute produite en France en 2012 !
  • Volkswagen prévoit la fabrication de 100 exemplaires de la XL1, une voiture hybride qui consommerait moins d'1 litre aux 100 km!!! (malheureusement, elle sera sans doute trop chère pour une plus grande série étant donné les matériaux utilisés).

Aussi, le gouvernement durcit le bonus/malus automobile. C'est une bonne nouvelle, car cela valorise vraiment les voitures les plus sobres du marché, et rend ce mécanisme moins onéreux pour l'état (car plus équilibré).

Autre point très appréciable le FAP est quasi obligatoire dans les véhicules diesel neuf depuis le 1er janvier 2010, du fait de l'application de la norme anti-pollution Euro 5. On va nettement mieux respirer dans les grandes villes dans les années à venir!

lundi 31 janvier 2011

Combien de kilomètres peut-on parcourir avec une Freebox Revolution?

  • La nouvelle Box ADSL de FREE, la Freebox Revolution consomme environ 31.5 W en veille simple (type de veille utilisé par la majorité des gens), soit 276 KWH par an.
  • Une voiture 100% électrique de type Nissan Leaf parcourt environ 160 km avec sa batterie de capacité 24 KWH, soit 0.15KWH par km.
  • Avec l'énergie annuelle consommée par une Freebox Revolution, on peut donc parcourir 1840 km en voiture.

jeudi 27 janvier 2011

Consommation électrique, 1 an après

Depuis 2 ans, j'essaie de maîtriser ma consommation d'électricité. Cette consommation comprend le chauffage, un ballon d'eau chaude, les plaques de cuisson, l'électroménager et l'éclairage, dans un appartement de 45m².

Cette année, j'ai consommé 1114 KWH en heure creuse et 801 KWH en heure pleine, soit 1915 KWH au total. C'est légèrement mieux que 2009, mais légèrement moins bien que 2010... Les 3 semaines d'hiver pendant lesquelles il faisait très froid y sont sans doute pour quelque chose... J'ai allumé un peu plus mon chauffage... et le ballon d'eau chaude a consommé plus.

Comme par les années passées, on peut constater que le ballon d'eau chaude est mon premier poste de consommation d'électricité (il fonctionne en heures creuses de minuit à 8h, or je dors en grande partie à cette heure là... ). A moins de ne plus me laver, je pourrais difficilement diminuer significativement ma consommation...

Je suis équipé d'ampoules à économie d'énergie, de limitateurs de débit sur les robinets, d'une douchette économique (débit limité), d'un réfrigérateur / congélateur classe A, une télé 32 pouces avec le mode économie d'énergie activé, d'un lave-linge réglé sur 30°, de pulls, ...

mercredi 12 janvier 2011

Quel pourrait être le futur grand projet français?

« En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ! » C’était le slogan d’une campagne publicitaire du milieu des années 1970 au moment du premier choc pétrolier.

Des idées, il y en a eu par le passé. De beaux projets français ou européens, parfois très visionnaires, réalisés sous l’impulsion de dirigeants politiques et qui ont permis à la France de rester dans le haut du classement des pays les plus riches :

  • le Canal de Suez (construit entre 1859 et 1869),
  • le programme nucléaire français : Développement massif de l'industrie nucléaire française lancé en 1974. Cette année là, le nucléaire contribuait seulement pour 8% de l'électricité française.
  • Airbus (et le regretté Concorde) : Création d'Airbus en 1970,
  • le TGV : lancement du projet de TGV actuel en 1974,
  • Ariane : le programme Ariane est lancé en 1973,
  • le tunnel sous la Manche: décision de sa construction en 1986,
  • le Minitel : 1982 (en fin de vie, mais premier réseau télématique grand public et reconnu comme un succès commercial).
  • Le Rafale : programme lancé en 1988
  • le paquebot "France" : début de construction en 1957

Il existe de grands projets en cours, auxquels la France participe. Ce sont des projets européens ou internationaux :

  • Galileo : Lancement du projet en 2001
  • ITER : Lancement du projet en 1986
  • LHC : Lancement du projet en 1994

Certains de ces grands projets ont des impacts très positifs sur notre économie. Airbus vend énormément d'avions, ce qui crée de nombreux emplois en Europe. Le nucléaire nous permet d'avoir une électricité compétitive, peu carbonée et très peu dépendante des pays extérieurs. L'accès à Londres n'a jamais été si facile grâce à un triple accès par l'avion, le train et le bateau...

Voici une citation de Jacques Chirac, grand héritier du Gaullisme:

Nous devons tout faire pour la croissance (...) soutenir le pouvoir d'achat. Poursuivre la baisse de l'impôt sur le revenu et la baisse des charges. Permettre à celles et ceux qui veulent gagner plus de travailler plus. Donner plus de droits aux consommateurs. Développer la concurrence. Encourager l'exportation et renforcer notre présence sur les grands marchés émergents. Tout faire pour que cette croissance profite à l'emploi. (...) Les programmes des dernières décennies, comme le TGV, le nucléaire, Airbus ou Ariane, font encore la force de notre industrie. J'ai demandé au Gouvernement de lancer les projets industriels qui tireront la croissance de demain et nous permettrons d'accroître notre avance technologique.

Jacques Chirac, vœux du président de la République, 1er janvier 2005

Pourtant, depuis les années 90 et 2000, on ne peut pas dire que beaucoup de grands projets de l'ampleur du programme nucléaire ou d'Ariane aient été lancés...

Beaucoup d'homme politiques de droite, à l'image de Chirac voire même Sarkozy (!!!) se réclament du Gaullisme. L'une des principales caractéristiques du Gaullisme politique est le refus du libéralisme économique classique au profit d'une économie orientée par l'État en vue d'un développement volontariste (la planification, l'aménagement du territoire, les grands projets publics, le keynésianisme. etc.).

Cette politique ne peut pas avoir une vision de court terme de 2-5 ans comme aujourd'hui (et encore c'est souvent 1 à 2 ans...), mais plutôt 20 à 30 ans! Depuis les années 90, peu de nouveaux grands projets industriels ont été lancés en France, que ce soit sous des dirigeants de droite ou de gauche. Mais qu'aurait fait De Gaulle s'il était président aujourd'hui?

Par ces temps de "crise", un plan de relance de 34 milliards d'euros a été lancé. Il a servi à faire du saupoudrage à droite et à gauche (1000 projets!!!) dans une parfaite incohérence. Il est dommage que cela n'ait pas servi pour un vrai grand projet cohérent et ambitieux qui permet un vrai retour sur investissement mesurable.

Je n'ai pas d'idée correspondant à des projets relativement précis qu'étaient la fusée Ariane, le TGV ou le programme nucléaire de l'époque De Gaulle / Pompidou.

Cependant, ce qui me vient en premier à l'esprit serait un programme global visant à la quasi indépendance énergétique de la France en une vingtaine d'année. On l'a déjà fait pour l'électricité. Cela semble atteignable également pour le transport et le chauffage en utilisant les technologies existant déjà aujourd'hui. On a la chance d'avoir déjà toutes les cartes en main, ce serait dommage de ne pas les exploiter : la filière nucléaire, la technologie des voitures électriques (Renault / Nissan, Bolloré, Peugeot, Heuliez, ...), une forêt qui n'attend qu'à être correctement exploitée, du vent, les connaissances pour construire des bâtiments basses consommation, etc...

Cela aurait les effets positifs suivants :

  • Large amélioration de notre balance commercial
  • L'argent non gaspillé pour acheter des énergies fossiles est utilisé pour développer des emplois non délocalisables en France (dans l'industrie nucléaire, dans le secteur des énergies renouvelables, dans le bâtiment, ...),
  • Lutte contre le réchauffement climatique, et contre la pollution de l'atmosphère de nos villes
  • Fin des inquiétudes sur les variations du prix des énergies fossiles et leur futur tarissement.
  • Fin de la lutte de la France pour garantir son approvisionnement en énergies fossiles auprès des pays producteurs
  • Amélioration de l'efficacité énergétique globale de la France
  • Avance de la France dans les technologies nécessaire à cet objectif, ce qui permettra de les exporter par la suite

Cela aurait les effets négatifs suivants :

  • Augmentation des déchets nucléaires

Ce projet prendrait la forme d'un ensemble de mesures sur une vingtaine d'année. Il faudrait qu'il s'agisse d'un nombre de choix limités, assumés et développés avec forte volonté (c'est à dire à l'opposé du grenelle de l'environnement et ses centaines de mesures qui sont généralement très bonnes, mais peux lisibles et parfois abandonnées par manque de volonté, comme la taxe carbone) :

  • Généralisation progressive des voitures électriques par des incitations très fortes de bonus / malus sur les voitures hybrides et électriques (les 10 premières années), puis uniquement sur les voitures électriques,
  • Taxation conséquente, progressive, et planifiée à l'avance sur 20 ans des carburants pétroliers, du fuel et du gaz (cela revient à appliquer une taxe carbone progressive)
  • Réaffirmation du nucléaire (et des surgénérateurs) par le lancement de nouvelles centrales. Parallèlement, un renforcement des moyens des organismes en charge du contrôle de la sécurité,
  • Développement important de l'éolien (l'intermittence de l'éolien est peu gênante pour charger les voitures par exemple)
  • Développement de la filière bois et de la géothermie pour le chauffage, et des panneaux solaires thermiques pour le chauffage de l'eau
  • Isolation massive des bâtiments
  • Développement des agrocarburants (de manière mesurée) pour l'aviation et les camions.
  • Développement des smartgrids (compteurs intelligents, ...) pour gérer intelligemment l'énergie électrique qui servira pour les voitures et les habitations.

Les 2 axes sont donc :

  • Amélioration de l'efficacité énergétique (isolation des bâtiments + efficience des véhicules électriques)
  • Augmentation de la quantité d'énergie produite sans apports extérieurs (principalement électricité éolienne et nucléaire, et chauffage au bois + géothermie)

Il parait qu'il y a une élection en 2012. Est-ce que quelqu'un aura un vrai programme cette fois-ci?

lundi 10 janvier 2011

Ça gaz naturel?

Certains bus roulent au gaz naturel.

Est-ce que les autres roulent au pétrole naturel?

jeudi 30 décembre 2010

L'éolien par grand froid

Regardez ce graphique réalisé par le site de Picardie Environnement Durable, association notablement anti-éolien:


Voici le commentaire associé :

Faute de vent, les 2600 éoliennes industrielles françaises sont quasiment à l'arrêt depuis le 14 novembre : C'est l'équivalent d'une ville comme Paris sans électricité pendant 15 jours alors que les températures extérieures sont négatives !!!

Par temps très froid, le système anticyclonique ne génère pas de vent alors que la consommation électrique augmente sensiblement : Donc impossible de compter sur les éoliennes industrielles pourtant très coûteuses aux citoyens français.

Le 11 novembre, le Syndicat des Energies Renouvelables se vantait d'avoir battu son record de production électrique éolienne pendant quelques heures, mais la réalité de cette technologie est qu'elle est totalement inefficace la majorité du temps. Particulièrement quand l'électricité manque...

A première vue, on pourrait être d'accord sur le fait que les éoliennes françaises semblent à l'arrêt depuis le 14 novembre.

Cependant, une certaine mauvaise foi transparaît de la réalisation même du graphique (à partir de chiffres officiels issus de RTE), par Picardie Environnement Durable .

Le graphique permet de visualiser sur deux courbes distinctes la consommation totale d'électricité, et la production d'électricité éolienne. L'ordonnée s'étend de 0 à 100 GW. 100 GW correspond environ au record de consommation d'électricité française (96,35 GW le 15 décembre 2010).

L'éolien français a aujourd'hui une capacité de 5,5 GW, ce qui est un maximum théorique de production. Le facteur de charge moyen est de 25%. Ce chiffre de 25% correspond au fait que le vent n'est pas toujours suffisant pour faire tourner les éoliennes à leur maximum. La production d'électricité éolienne moyenne attendue est donc autour de 1,4GW (5.5/4).

Comment peut-on analyser correctement le contenu du graphique, alors que la courbe de l'éolien a pour ordonnée moyenne environ 1,4 et l'axe des ordonnées s'étend de 0 à 100?

Désormais, voyons la courbe officielle du mois de novembre 2010, réalisée par RTE et fournie dans ce document (pdf) sur cette page.

N'est-elle pas un chouilla plus lisible?


Il se trouve que le rapport de RTE du mois de novembre 2010 explique que la moyenne du facteur de charge des éoliennes françaises était autour de 25% pour le mois de novembre 2010. C'est à dire conforme aux attentes. Certes, le vent n'a pas été régulier d'un jour à l'autre, mais globalement les éoliennes ont permis de moins faire tourner les centrales thermiques pendant le mois de novembre, qui était assez froid. Même du 15 au 30 novembre (soit disant sans vent), les éoliennes produisaient en moyenne 0.7GW, soit plus qu'une centrale au gaz moyenne.

A fin novembre la puissance installée dépasse 5 400 MW, la production moyenne éolienne a atteint 1 368 MW. Le mois de novembre a été venté de façon comparable aux mois de février, mars et octobre et affiche donc un Facteur de charge moyen égal à 25% proche de la valeur atteinte sur ces 3 mois (autour de 30 %), et supérieur à celui des mois d’été (autour de 15% de juin à septembre). La production mensuelle a fluctué entre des extrema de 212 MW (Facteur de charge : 4%) le dimanche 28 novembre et 4 198 MW (Facteur de charge : 77%) le vendredi 12 novembre. A noter que la valeur de 4 198 MW atteinte le 12 novembre à 18h30 constitue le nouveau maximum absolu de production éolienne, le maximum précédent s’élevait à 3 619 MW le vendredi 26 février à 12h30.

L'idéal serait de se passer de centrales thermiques. Mais des aléas liés au faible vent (ou faible ensoleillement en journée pour le photovoltaïque) peuvent demander d'y faire appel ponctuellement. On pourrait alors penser que le doublement éoliennes / centrales thermiques est très coûteux. Mais il faut savoir que dans une centrale électrique au gaz par exemple, le gaz représente 70 % à 90 % du coût de l'électricité. On voit bien que même s'il faut occasionnellement démarrer des centrales à gaz parce qu'il n'y a pas beaucoup de vent, cela n'est pas très grave financièrement, car le coût de fabrication d'une centrale au gaz n'est pas très important vis à vis du prix du gaz. A chaque fois que les éoliennes tournent, ce sont des énergies fossiles qui sont économisées, et notre indépendance énergétique est renforcée.

Un autre objectif de Picardie Environnement Durable à travers cette courbe était sans doute de montrer qu'aujourd'hui l'éolien n'est pas très important en France par rapport à la consommation totale d'électricité. On ne peut pas le nier, mais dans 10 ans, la situation devrait changer. En effet, en 2020, le grenelle de l'environnement a fixé comme objectif d'atteindre 25GW d'éolien, dont une part doit être en offshore, ce qui permet un facteur de charge plus important (car le vent y est plus régulier). Avec 25GW d'éolien installé, environ 13 % de la consommation totale d'électricité en France pourrait être produit par des éoliennes (en comptant 50GW de consommation en moyenne tout au long de l'année). Cela devient déjà bien plus significatif, même sur la courbe de Picardie Environnement Durable.

Un autre aspect visible sur la première courbe est le pic de consommation de 17H à 20H. Plutôt que de se battre contre des moulins à vent (zic), Picardie Environnement Durable devrait plutôt se battre contre ce pic de consommation qui ponctuellement chaque jour nécessite une capacité de production de plusieurs GW supplémentaires par rapport au reste de la journée. Cela peut se faire de différentes façons:

  • Elargissement du programme eco-watt Bretagne et Provence Azur à toute la France
  • Découragement de l'installation de radiateurs électriques dans tous les nouveaux bâtiments (Bonus/Malus comme pour les voitures par exemple)
  • Aides pour remplacer ses radiateurs électriques par d'autres systèmes de chauffage
  • Isolation des bâtiments
  • Obligation pour EDF de développer une nouvelle offre TEMPO (qui n'existe plus) et d'en faire la promotion : dans une telle offre le prix de l'électricité intégre un coût supplémentaire les jours de forte demande et est meilleur marché le reste du temps. Cela pourrait également être fait par rapport à des heures précises (pendant le pic).
  • Développement des Smart Grid, avec des compteurs intelligents. RTE pourrait envoyer un signal qui coupe automatiquement les équipements non essentiels des particuliers et entreprises lors des pointes. Les batteries de voitures pourraient se recharger aux heures de faible demande et alimenter le réseau lors des fortes demandes,...

Et un autre combat est de parvenir à réduire notre consommation globale. Les énergies éoliennes, hydrauliques et photovoltaïques (plus modestement) pourraient alors prendre une part encore plus importante dans le mix énergétique français!

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